Le millésime 2007 : Tout est première…
Après 4 ans, on laisse enfin à la vigne le soin de nous montrer, comment elle sait mûrir son tout premier raisin, et la température lui est clémente tout au long de la saison. Les méthodes de culture retenues sont concluantes et les taux de sucre de fin septembre le confirment aisément.
Suivent les vendanges, c’est avec plus de 75 amis que nous expérimentons notre toute première récolte. Des éléments comme, la logistique liée à un trop grand nombre de cueilleurs, l’arrimage des équipements de traitement et une manipulation des caissettes jugée dangereuse pour les ressources devront être ajustés.
Pour la vinification autant pour nos ressources que pour les œnologues-conseils qui nous accompagnent, le mot d’ordre est prudence. Prudence du fait que tous doivent à la fois apprivoiser ces nouveaux cépages et mettre à l’assai les équipements tous aussi nouveaux. A posteriori, les résultats démontrent l’absence totale de mauvais tanins et que le vin aurait facilement supporté un programme d’extraction (remontages, pigeages) moins précautionneux.
L’élevage qu’en à lui, fait l’objet de plusieurs expérimentations (cuves INOX sous copeaux de chênes et micro oxygénation mécanique ainsi que fûts de chênes neufs) qui nous font conclure que seul le fût de chêne sait apporter gras et volume au vin et le fait gagner en puissance et raffinement.
Certes on s’est demandé si on allait passer notre tour pour ce millésime. Mais certes aussi on y a cru quand même et le cépage, la nature et les efforts nous ont donné raison….le 007 vaut plus que la peine d’être vécu! Pour relater que l’essentiel c’est un vin sans aucune lacune œnologique qui déjà surclasse aisément ce qui se fait ici et qui mérite sans contredit d’être découvert. C’est un vin qui en bouteille saura parfaire son bouquet, se raffiner encore et garder son intensité.
Le millésime 2008 en devenir :
Il est assez facile de dénigrer juillet 2008 marqué par un temps maussade et des pluies à répétition jours sur jours. C’est là que la résistance du cépage aux maladies du mildiou prend tout son sens, car aucun arrosage de protection autre que le préventif du printemps ne fut jugé nécessaire. Fort heureusement, dès le 15 août l’été s’installe pour de bon et le beau temps perdure jusqu’à mi-octobre. Nos craintes de voir toute cette eau diluer les sucres, tannins et arômes du raisin sont alors dissipées et nous constatons malgré tout un mûrissement optimal avec des mesures exceptionnelles de sucres d’une parcelle à l’autre.
Les premiers GRIS, cueillis le 20 septembre, servent à préparer un vin de base spécifiquement élaboré afin de prendre la mousse et qui constituera bientôt notre premier MOUSSEUX, à suivre…
Le principal de vendanges en GRIS sont effectuées les 27 et 28 septembre et servent quant à elles, à élaborer le BLANC. Digne d’un grand cru, ce nectar, ayant réalisé sa fermentation alcoolique en fûts de chêne neufs, nous livre d’ores et déjà toute la subtilité, la puissance et la nervosité d’un vin blanc d’exception.
Les dernières vendanges en GRIS, sont effectuées les 29 et 30 septembre et sont misent sur claies à l’extérieur pour un passerillage naturel par le froid jusqu’à la fin février afin d’élaborer notre tout premier VIN LIQUOREUX, à suivre…
Les vendanges en ROUGE, commencées le 4 octobre ce sont étalé sur 5 jours et ont abouti sur la distinction de trois cuvées issues de trois ensembles de parcelles homogènes. L’accent a été mis sur la conservation du fruit (température basse en début de cuvaison) et sur une extraction des tannins beaucoup plus soutenue qu’en 2007. La cuvaison également, fut plus longue qu’en 2007 et s’est déroulée sur 3 semaines pour aboutir à la mise en fût de l’ensemble des 3 jeunes vins en barriques de chênes. Bien que, très jeunes, les vins nous laissent déjà présager le meilleur. Complexes, ronds, fruités et assez charnus, ils laissent au dégustateur une sensation de fraîcheur, de notes torréfiées parsemées de tannins fondus, le tout enrobé d’une texture fort soyeuse.